Baccarat dans l'oeil d'Harry Nuriev

Par Aurore De Granier

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Chandelier Zenith, Baccarat x Harry Nuriev © Baccarat



La Maison Baccarat dévoile un nouveau volet dans sa collaboration avec le designer et artiste Harry Nuriev à travers une exposition présentée à la Galerie Crosby du 15 au 18 janvier, puis à la Maison Baccarat à partir du 20 janvier 2026. Retour sur une collaboration qui prenait racine deux ans plus tôt, au moment de la renaissance parisienne de Baccarat.

Nous nous souvenons, en 2024, de la réouverture de l’adresse parisienne de Baccarat, place des États-Unis. Une inauguration notamment marquée par la collaboration, encore naissante alors, entre la Maison de cristallerie et l’artiste et designer Harry Nuriev. Son regard sur la maison se traduit à l’époque dans le porche de la boutique qu’il transforme en « manifeste visuel du savoir-faire et de l’audace avec des motifs gravés, argentés et colorés », pour reprendre les mots des équipes de Baccarat, puis se développe dans le vestibule, étonnamment affublé de réfrigérateurs abritant les créations les plus emblématiques de la Maison. Une première collaboration réussie qui allait mener à la métamorphose par Harry Nuriev, en 2025, de trois pièces majeures dans les collections : le gobelet et la carafe Harcourt, et la boule Sirius.

Dans les ateliers, les artisans viennent alors graver et émailler un vernaculaire imaginé par l’artiste, sélectionnant des mots à l’image de charme et célébration. À propos de ce deuxième opus, la Maison Baccarat déclare, « Guidé par les principes expérimentaux et engagés du transformisme, approche artistique dont il se réclame, Harry Nuriev réinvente l’existant sans le dénaturer, offrant une nouvelle vie aux objets tout en honorant leur mémoire. Une démarche libre et impertinente, fidèle à l’esprit créatif de Baccarat ».

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Mais sa réinterprétation va encore plus loin lorsqu’il se voit offrir l’opportunité de réinventer l’emblème de Baccarat, pièce sans équivoque la plus représentative de la Maison : le lustre Zénith. Sous la main de l’artiste et designer, l’objet de cristal se transforme en oeuvre d’art venant mêler le savoir-faire de la Maison aux objets du quotidien. Au sein d’une structure métallique, le cristal côtoie ainsi bijoux, capsules, stylos, CD et autres porte-clés entrant en dialogue avec les branches torsadées, les lys, les prismes à dard, les clochettes et guirlandes d’octogones du Zénith.

« À travers cette interprétation, le lustre Zénith de Baccarat devient un messager, portant avec lui des pièces de notre présent vers un futur imaginé, où détourner l’usage devient un mode de vie nourri par tout ce que nous avions autrefois négligé. « En le remodelant, je me suis souvenu de la joie et de la lumière magique qu’il apportait autrefois à la table d’une famille, tout en envisageant une autre réalité : un avenir où le cristal ne serait plus disponible. Dans cet imaginaire, ceux qui héritent du lustre doivent remplacer ses éléments manquants avec les objets dont ils disposent.

Les choses du quotidien — celles que nous remarquons à peine aujourd’hui — deviennent soudain précieuses. Ce qui est jetable devient trésor. Les valeurs se renversent. Les objets ordinaires se transforment en symboles d’attention, de mémoire et de survie » confie Harry Nuriev. En 2026, il dévoilera dans le cadre d’une exposition une collaboration inédite avec Baccarat revenant sur l’histoire de cette rencontre, et le futur créatif qu’elle annonce. •

photos : Chandelier Zenith, Baccarat x Harry Nuriev © Baccarat