Serie 03 • © Gabrielle Coué
Entre protocole d’expérimentation et intuition, Gabrielle Coué interroge ce que la matière révèle lorsqu’elle est mise à l’épreuve. En transformant les objets du quotidien par la lumière et la texture, elle compose des images qui déplacent le regard et réinventent notre perception de l’ordinaire.
Quelle place la matière occupe-t-elle dans votre processus de création ?
La matière occupe une place centrale dans mon processus de création : c’est elle qui dicte mes choix oriente les expérimentations et détermine le résultat final. Chaque matériau devient, par ses propriétés spécifiques et son potentiel de transformation, un élément actif de la composition.
Dans le but d’ordonner mes expérimentations, je développe actuellement une matériauthèque. Son objectif principal est de recenser les caractéristiques de chaque matériau, tant bruts que modifiés ou combinés, avant et après sa transformation. Cette approche me permet de développer la compréhension des propriétés de chaque matériau, ainsi que de leurs applications potentielles. Cette matériauthèque vise à garder une trace précise de chaque expérimentation et de mieux anticiper les possibilités qu’offre chaque matériau dans mes futures compositions.
Qu’est-ce qui vous attire dans les objets du quotidien ?
Les objets du quotidien sont là, partout, depuis toujours, posés sur les mêmes étagères, rangés dans les mêmes tiroirs, on ne les voit plus, ils passent inaperçus. On les a regardés une fois avec attention, puis de moins en moins. On ne leur accorde pas le droit d’être autre chose qu’utiles. Fonctionnels. Toujours sollicités, manipulés, consommés, sans jamais être vus. Utilisés avec les mêmes gestes mécaniques, presque inconscients.
Par l’image, ils sont agrandis, isolés, éclairés autrement, grands et puissants. Je leur donne de l’espace, eux qui n’ont jamais été le centre de l’attention. Je les personnifie pour les rendre visibles.•
photos : Serie 03 • Serie 04 • Serie 02 • © Gabrielle Coué